Paysages trompeurs

Je ne connaissais absolument pas Marc Dugain qui a pourtant déjà une longue et belle carrière. Je le découvre avec Paysages trompeurs, un vrai régal.

Une mission pour libérer des otages en Somalie se solde par un fiasco complet. Les otages morts, le commando décimé. Seul Ben survit, mais il décide de disparaître. Son seul ami, un producteur de documentaires, ancien militaire, parfois utilisé par les services secrets français semble bien être le seul à le regretter.

Jusqu’à ce que Ben le contacte pour lui demander de l’aide. Et que s’enclenche une machine infernale.

La première chose à dire, est que l’écriture, le sens du rythme de Marc Dugain font qu’on ne lâche plus le bouquin une fois qu’on l’a ouvert. Chapitres courts, écriture limpide, avec cette simplicité si difficile à atteindre, sens du rythme, maîtrise des flashbacks. Les scènes d’action sont aussi sobres qu’efficaces, l’intrigue est tordue à souhait, avec des enchaînements de retournements de situation, comme il se doit dans un bon roman d’espionnage.

L’auteur ne cherche pas à coller à la réalité du travail d’espion ni à la minutie dans sa description chères au maître John Le Carré, il nous régale de scènes plus « grand public », tout en évitant les outrances hollywoodiennes à la James Bond.

Un vrai pied de lecture au premier degré. Mais ce n’est pas tout. Sans prêchi prêcha, et sans jamais lasser le lecteur, au détour d’un chapitre, Marc Dugain se sert de son histoire pour éclairer les recoins les plus obscurs de la géopolitique, et braquer son projecteur sur un certain nombre de maux qui ronge notre joli monde, quels que soient les pays, du nord au sud, de l’est à l’ouest. Tout le monde en prend pour son grade, et ce qui ressort c’est la prédominance du fric, du fric et encore du fric, qui nous amène droit dans le mur climatique.

Donc en plus d’être très divertissant, c’est intelligent. Que vous faut-il de plus ? Une suite peut-être ?

Marc Dugain / Paysages trompeurs, Gallimard/Espionnage (2022).

7 réflexions au sujet de « Paysages trompeurs »

  1. Zorglub

    Du même auteur, tu aimerais sans doute la Malédiction d’Edgar (Hoover), pas ridicule comparé au meilleur Ellrroy, ou la trilogie du pouvoir.

    Répondre
  2. Sallet

    Craig Johnson était à Ars sur Moselle (57) invité par « la petite librairie » et Gallmeister » pour son dernier roman traduit « le cœur de l’hiver »
    un régal et un nouveau Craig à lire en avant première

    Répondre

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