Espionnage à l’américaine

Encore un rattrapage en attendant le flot de la rentrée. Un roman d’espionnage, Le moineau rouge de l’américain Jason Matthews.

MatthewsLa guerre froide est finie mais entre les USA et la Russie de Poutine ce n’est quand même pas le grand amour. Nate Nash est un des nombreux agents en poste à Moscou. Il a ceci de particulier qu’il est l’agent traitant de MARBRE, une taupe très haut placée au sein du renseignement russe qui renseigne la CIA depuis presque quinze ans. Lors d’un contact, MARBRE est à deux doigts d’être arrêté et Nate Nash est identifié par les services russes.

Il est alors muté à Helsinki ou le SVR, héritier du KGB envoie la très belle Dominika Erogova, ancienne danseuse, étoile montante du service pour le piéger. Mais dans ce jeu ou chacun a ses intérêts, d’un côté comme de l’autre, et où les masques sont nombreux, au final, qui va tromper qui ?

Jason Matthews étant un ancien de la CIA qui se met à écrire un roman d’espionnage, on ne pouvait pas éviter la référence à John le Carré. Autant s’en débarrasser tout de suite, Matthews n’est pas Le Carré. Il lui manque la distance et l’œil critique de son génial ainé, cette capacité à décrire un monde complexe sans prendre pour acquis que l’on est forcément dans le « bon camp ». Chez Matthews, pas de doute, même s’il y a des brebis galeuses et des imbéciles côté américain, le bon droit est dans leur camp.

Ceci étant dit, et cette réserve exprimée, ensuite ça marche du feu de Dieu. L’auteur a un réel talent pour camper ses personnages, tisser son intrigue et embarquer un lecteur dans un tourbillon de coups de théâtres, traîtrises et retournements de situation avec un sens de la construction et du suspense impressionnants, surtout si l’on considère que c’est un premier roman. Une fois commencé, impossible de lâcher ce moineau.

D’autant plus impossible que la connaissance du terrain et de la réalité de l’auteur lui évite les chausse-trappes à la James Bond qui pourraient faire ricaner le lecteur. Non, ça sonne juste, les personnages sont incarnés, et on frémit d’un bout à l’autre.

Un excellent divertissement.

Jason Matthews / Le moineau rouge (Red sparrow, 2013), Cherche Midi (2015), traduit de l’anglais (USA) par Hubert Tézenas.

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