Un premier roman très réussi

J’aime les westerns et les polars. C’est pourquoi ce que j’ai lu ici et là sur Bull Mountain de Brian Panowich ne pouvait pas me laisser indifférent.

PanowichEn Georgie du Nord, les pentes de Bull Mountain sont le royaume de la famille Burroughs depuis des générations. Des générations de trafic d’alcool, de cannabis et aujourd’hui de méthamphétamine. Personne dans la région n’oserait s’y frotter. Seul Clayton, le petit dernier, a échappé à l’emprise familiale. Pire il est devenu shérif du comté. Pour l’instant, une paix armée et fragile s’est installée entre lui, garant de la tranquillité dans la vallée, et son frère Halford qui est le maître incontesté de la montagne.

Jusqu’à ce qu’un agent fédéral vienne convaincre Clayton que sa seule solution de sauver son frère et ses associés est de l’amener à dénoncer le gang de motards avec lesquels il fait affaire. En désespoir de cause, Clayton va essayer, en sachant parfaitement que ce faisant, il ouvre la boite de Pandore.

Une belle claque ! Ca commence fort et ça continue sans faiblir. Si vous voulez du tragique, de la guerre fratricide, du qui râpe comme le tord-boyaux produit dans ces montagnes, vous pouvez y aller les yeux fermés.

Bull Mountain est un roman universel qui reprend une thématique qui, comme dirait l’autre, remonte à la plus haute antiquité, une thématique présente partout et de tout temps depuis que l’homme écrit. Des guerres fratricides et des histoires de vengeance, ça remonte à Caïn et Abel cette histoire.

Mais en même temps c’est un roman qui ne peut être qu’américain tant il est ancré dans ces territoires perdus, loin de tout et de toute autorité centrale. Des zones isolées où un groupe (ici familial) peut avoir le pouvoir absolu juste parce qu’il est le plus violent et que le coin n’intéresse personne d’autre. Américain également tant il est à cheval entre le western et le roman policier avec cet affrontement en milieu restreint et perdu entre deux formes d’autorités : Celle de la loi du shérif et celle de la loi du plus fort. On peut penser aux familles perdues de Chris Offut, au gang sans pitié Red Grass River de James Carlos Blake, même si on n’a pas encore le souffle de Blake ou l’âpreté sèche d’Offut … mais ça viendra c’est un premier roman.

S’il faut chipoter, j’aurais aimé passer un peu plus de temps du côté sombre, dans la montagne. Les retours en arrière sur la passé de la famille sont forts, bien rugueux, et laissent le regret de ne pas nous attarder un peu chez ces affreux dans le récit présent. D’un autre côté j’aime beaucoup les personnages de Clayton et surtout de Kate, et j’aurais regretté que cette partie soit raccourcie.

Pour une fois, finalement, j’en aurais bien repris quelques dizaines de pages de plus. Ca viendra peut-être avec la suite qui serait en cours d’écriture. Une excellente nouvelle.

Brian Panowich / Bull Mountain (Bull Mountain, 2015), Actes Sud/Actes Noirs (2016), traduit de l’anglais (USA) par Laure Manceau.

22 réflexions au sujet de « Un premier roman très réussi »

  1. Mary

    Oh, je l’ai repéré depuis un moment celui-là. La couverture me faisait de l’oeil mais je n’avais pas osé, mais maintenant, je vais peut être me laisser tenter !

    Répondre
  2. belette2911

    Déjà acheté, je te devance ! 😉 Encore du noir trouvait la fin « pas terrible », genre, avec des ficelles (je ne me souviens plus de sa phrase, faut que j’aille vérifier !).

    Je le cite : « Peut-être que s’il arrive à se débarrasser des béquilles que sont ces « trucs » d’écrivain qui permettent de clore une histoire sans se fatiguer en ménageant un suspense un peu artificiel, il saura nous livrer non pas un bon mais un grand roman. »

    Répondre
      1. belette2911

        Je me fendrai d’un article !

        Au fait, tu es dans les blogs préférés de Marianne, j’ai vu ton adresse de blog dans le Marianne spécial polar 2016. Bravo ! 😉 Tu paies un verre ?

      2. actudunoir Auteur de l’article

        J’avais bien été interviewé par un journaliste au téléphone, mais il y a tellement longtemps que j’avais complètement oublié. J’essaierai d’aller voir, et je paye un verre … si tu viens à Toulouse.

      3. belette2911

        Ben c’était peut-être ça… je n’ai pas encore lu tout le Marianne spécial polar, mais en feuilletant, j’ai vu ton adresse de blog.

        Si jamais, il était sorti en France début avril, j’ai dû gratter pour le trouver à Bruxelles !

        Ok, si je passe par la ville rose, tu paies un verre, si tu passes à Bxl, je t’emmènerai boire de la bière 😉

      4. actudunoir Auteur de l’article

        Je ne sais pas si je vais encore le trouver … J’aurais aimé savoir ce qu’il est resté du coup de fil avec le journaliste …
        Sinon, pas de voyage en vue à Bruxelles, mais on ne sait jamais. Je retiens l’invitation.

      5. belette2911

        Si j’avais un scan qui ne datait pas de Mathusalem… :/

        Reste la photo au smartphone, mais plus délicat avec ma parkinson ! mdr

        Pas de visite à Toulouse non plus, mais je te note dans un coin de ma tête aussi ! mdr

      6. actudunoir Auteur de l’article

        Je veux bien que tu m’envoie une photo, je n’ai pas trouvé, et je vais avoir peu de temps pour chercher.
        Merci d’avance.

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