Bilan 2018

Les habitués le savent, je suis incapable de me restreindre et de sélectionner les 5, 10 ou même 20 romans de l’année. Donc comme l’an dernier je vais essayer de remettre sur le devant de la scène les bouquins qui m’ont marqué, et on ne sait jamais, il vous reste peut-être quelques cadeaux de Noël à acheter (dans une bonne librairie bien entendu, pas chez les vautours du net).

Cette année encore le polar français se porte bien, très bien même. On retrouve les auteurs qui nous enchantent depuis des années, avec Racket de Dominique Manotti, Hével de Patrick Pécherot, Power de Michael Mention, La petite gauloise de Jérôme Leroy, et le retour en Guyane de Colin Niel avec Sous le ciel effondré.

Manotti PecherotMention  Leroy Niel

C’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé certains auteurs, dont je n’avais rien lu depuis un moment, comme François Muratet, Tu dormiras quand tu seras mort, le dérangeant Animal Boy de Karim Madani, Que la guerre est jolie de Christian Roux, et Antoine Chainas magistral dans L’empire des chimères.

Muratet  Madani   Roux Chainas

J’ai pour ma part découvert avec grand plaisir un certain nombre d’auteurs : le plus bordelais des canadiens, Eric Plamondon et son étonnant Taqawan, le très émouvant L’été circulaire de Marion Brunet, et La guerre est une ruse de Frédéric Paulin, dont j’attends la suite avec impatience.

Plamondon   Brunet  Paulin

Et puis il y a ceux qui ne sont plus des nouveaux venus, mais pas déjà des habitués (du moins pour moi). Le toujours très drôle Jacki Schwartsmann et sa Pension complète, la consécration méritée de Nicolas Mathieu avec Leurs enfants après eux, je vais abuser et classer ici Rivière tremblante de Andrée Michaud, parce qu’elle écrit en français, que j’ai déjà parlé de Plamondon, et que j’ai la flemme de faire un paragraphe québécois, et je finis par celui qui m’a sans doute le plus surpris par son changement total de ton, Marin Ledun et son euphorisant Salut à toi, ô mon frère.

Schwartzmann  Mathieu  Michaud  Ledun

D’année en année, l’Italie continue à nous offrir d’excellent polars, avec des noms bien connus ici (pas de découverte de petit nouveau cette année). On a retrouvé la Calabre de Gioacchino Criaco dans La soie et le fusil, l’Ethiopie coloniale de Carlo Lucarelli dans Le temps de hyènes, et mes personnages préférés, à savoir Soneri de Valerio Varesi dans Les ombres de Montelupo, l’incontournable Montalbano d’Andrea Camilleri dans Nid de vipères, le napolitain Maurizio de Giovanni qui fête Les Pâques du commissaire Ricciardi, et Rocco Schiavone de Antonio Manzini dans Un homme seul.

criaco   Lucarelli

Varesi  Camilleri  Giovanni  Manzini

Continuons le tour du monde, avec pour commencer ces personnages récurrents que l’on retrouve toujours avec plaisir. Hap et Leonard du texan Joe R. Lansdale sont revenus dans Honky Tonk Samouraïs, l’increvable John Rebus de Ian Rankin continue à arpenter les rues de Glasgow dans Le diable rebat les cartes, Walt Longmire fait la loi dans le Wyoming de Craig Johnson (Tout autre nom) j’ai retrouvé avec plaisir Einar, le journaliste islandais d’Arni Thorarinsson dans Treize jours, et comme tous les ans, Charlie Parker de John Connolly est venu apporter une légère touche de fantastique au polar avec Le temps des tourments.

Lansdale Rankin Johnson  Thorarinsson  Connolly

Ils nous rendent visite plus rarement, mais cette année ils étaient là : Santiago du chilien Boris Quercia promène sa déprime hargneuse dans La légende de Santiago, et on retrouve Perro Lascano, le flic d’Ernesto Mallo dans le Buenos Aires d’avant la junte dans La conspiration des médiocres. Et s’il y avait une équipe que je ne m’attendais pas du tout à retrouver, c’est celle de George Smiley, de l’immense John Le Carré que revoilà pourtant, dans un magnifique roman testament : L’héritage des espions. De même qui s’attendait à revoir Hanson, l’ex soldat du Vietnam, flic à Portland que l’on retrouve à Oakland : Un soleil sans espoir de Kent Anderson.

Quercia Mallo  Le Carré  Anderson

Cette année 2018 a également été riche en démarrage de nouvelles séries. Du moins c’est à cela que ressemble ces quatre romans, en espérant que nous lirons bientôt les suites. Il s’agit de Les chemins de la haine de l’anglaise Eva Dolan, Janvier Noir de l’écossais Alan Parks, Dégradation de l’anglais Benjamin Myers, et pour finir Darktown de l’américain Thomas Mullen. Des romans qui nous promènent d’Atlanta en 48, au Glasgow des années 70 en passant par les landes anglaises et une petite ville gangrenée par le racisme et le travail au noir.

Dolan  Parks  Myers  Mullen

Deux autres découvertes pour moi. Celle du très bon roman d’espionnage Moscou 61 de Joseph Kanon, et chez Super 8, un nouveau roman inclassable, de Adam Sternberg, Population : 48.

Kanon  Sternbergh

Continuons avec des confirmations d’auteurs déjà appréciés. Attica Locke continue son exploration de la communauté noire de Houston dans Pleasantville, Noah Hawley change complètement de thématique et de style avec le très bon Avant la chute, Joe Meno nous offre un roman à la fois très noir et lumineux, Prodiges et miracles, on retrouve avec plaisir l’anglais Nick Stone dans un polar judiciaire particulièrement accrocheur, Le verdict, David Joy confirme tout le talent que l’on pouvait percevoir dans son premier roman, Le poids du monde est particulièrement abouti, et le troisième arrivé l’année prochaine, et faut-il encore présenter ici Benjamin Withmer et son nouveau roman âpre et rugueux, Evasion ?

Locke Hawley  Meno

Stone  Joy  Withmer

Je termine avec deux poids lourds, deux romans qui secouent. Corruption, de Don Winslow et La mort selon Turner de Tim Willocks.

Winslow   Willocks

Une bien belle année, et pour le peu de ce que j’en sais, 2019 s’annonce fort bien.

 

20 réflexions au sujet de « Bilan 2018 »

  1. David Martin

    Et l’occasion pour moi de te remercier du travail inlassable de défrichage que tu effectues à longueur d’année. J’ai la revue Bifrost pour la SF, et Actu du Noir pour le noir.

    « Sur le ciel effondré » sera sous le sapin lundi soir (acheté effectivement chez le nouveau petit libraire du coin), et ce n’est pas la première fois que tes chroniques m’auront servies d’inspiration pour des cadeaux. Ma résolution pour l’année prochaine : en lire moi-même davantage parce qu’il y en a marre d’offrir tous ces bons textes sans les avoir lus par ailleurs !

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  2. Trane

    Merci pour tout ce travail et aussi pour le plaisir pris à lire ton blog et quelques uns des ouvrages que tu nous fais découvrir.
    J’ai pour ma part beaucoup aimé, N Matthieu, mais aussi Don Wislow , Racket de D Manotti, et la guerre est une ruse.
    J’ai hâte de me plonger dans Tim Willocks et Rivière tremblante.
    J’ai découvert avec jubilation Jacky Schwartzman dont j’ai avalé les deux premiers livres parus en poche avant de m’attaquer à sa pension complète.
    Enfin j’ attends avec impatience le nouveau H Le Corre début 2019.

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  3. lacavernedupolar

    Ton bilan est super et précis comme toujours. J’ai quelques livres qui m’attendent dans ma PAL, notamment Power de Mention, le dernier Manzini j’aime tellement Rocco Schiavone et Population : 48 de Adam Sternberg. J’aimerai beaucoup découvrir Don Winslow et David Joy. Et bien sûr je sens que je vais beaucoup aimer Arni Thorarisson car j’adore l’Islande et Indridason. Et je souhaite découvrir Soneri de Valerio Varesi.

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Merci.
      Don Winslow et David Joy (dont un nouveau roman sort en 2019) c’est du très bon. Arni Thorarinsson, si tu ne connais pas, tu peux éviter le premier de la série qui ets moyen. Et le meilleur est L’ange du matin. Et Varesi j’adore, comme beaucoup d’italiens, lui est du nord, moins caustique de Schiavone, moins drôle que Montalbano, plus mélancolique.

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Après, tout dépend des goûts, je ne conseillerais pas tout à tout le monde. Les deux derniers sont très violents, le Boris Quercia est assez désespéré, le Paulin et le Manotti très denses en termes de personnages et d’informations, pas d’intrigue tendue dans Meno, Anderson, Michaud ou Plamondon … Bref il y en a pour tous, donc oui, plein de romans à découvrir. Mais ça on le sait bien depuis longtemps maintenant !

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  4. Tannhauser

    C’était une bonne année pour les polars, et ça fait vraiment plaisir de voir le livre de Kent Anderson recevoir autant d’éloges sur les différents sites et blogs, c’est on ne peut plus mérité. « Sympathy for the devil » est un des très grands romans sur le Vietnam, avec « Un pour marquer la cadence » de James Crumley…Pour 2019 je vous conseille de jeter un oeil à « Willnot » de James Sallis qui sort en février chez Rivages, on est jamais déçu avec Monsieur Sallis! Bonnes fêtes et joyeux Noël !

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Bonnes fêtes également.
      D’accord sur ces deux romans sur le Vietnam, mais que ce soit Crumley ou Anderson, je les préfère quand même dans leur veine polar.
      Merci pour l’info sur Sallis, je ne l’avais pas vu.

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  5. Ingannmic

    Pfff, trop tard pour la commande au Père Noël, mais quelle liste ! J’en avais déjà noté certains, au fil de tes publications (le Whitmer, le Willocks, le Lucarelli, le Michaud et le Chainas…). J’y ajoute Colin Niel, que je n’ai pas encore lu, et dont je vois qu’il est dit beaucoup de bien par des lecteurs de confiance..

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  6. belette2911

    waw, déjà le bilan annuel ?? Je suis en train de faire le mien et pas évident de sélectionner !

    J’en ai lu assez bien dans le tien, ils sont bien classés aussi, certains sont sur ma PAL (pour combien d’années ??) mais j’ai abandonné en route « L’empire des chimères », impossible de rentrer dedans. Pour une autre fois, si j’y reviens 😉

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Oui, je savais que je ne lirai pas de nouveautés 2018 d’ici la fin de l’année.
      L’empire des chimères c’est très particulier, je comprends qu’on puisse ne pas arriver à y rentrer.

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      1. belette2911

        Je ne sais jamais ce que je vais lire, moi ! 😀 J’aurais aimé lire plus, mais je dépasse mon score excellent de 2017, donc, no regrets 😉

        Très particulier, en effet, je me demandais où j’étais tombée !

  7. Jean

    Merci pour le bilan de 2018. Espérons que 2019 [Meilleurs Voeux] sera aussi bonne.

    ps: vous avez du mal avec l’orthographe pour l’auteur de « Pension complète » 😉

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