Promenons-nous dans les bois …

Le début d’une nouvelle série chez Rivages ? Il semblerait que ce soit le cas avec Trouver l’enfant de l’américaine Rene Denfeld.

DenfeldMadison Culver a disparu il y a 3 ans. Si elle est encore vivante, elle a aujourd’hui 8 ans. Les parents désespérés font finalement appel à Naomi la trentaine, détective privée, la « femme qui trouve les enfants ».

Madison a disparu soudainement, dans la neige de cette forêt de l’Oregon où elle était allée avec ses parents choisir un sapin de Noël. C’est dans le froid et un décor à la Jack London que Naomi va devoir fouiller, chercher, retrouver les traces des vieilles concessions, des chercheurs d’or et des trappeurs. Mais c’est aussi son passé d’enfant adoptée qui va la rattraper.

Je ne vais pas vous dire que c’est le polar de l’année, ou que l’histoire est follement originale. C’est vrai que des enquêtes sur des disparitions d’enfants il y en a beaucoup dans le polar. Mais … Mais je vous conseille néanmoins de vous pencher sur Trouver l’enfant de Rene Denfeld.

Parce qu’au-delà du classicisme du point de départ, il va vous offrir quelques belles surprises.

Pour commencer, l’histoire est fort bien racontée, prenante et émouvante. Elle vous accroche dès le départ, et ne vous lâche pas jusqu’à la fin. Après tout, les clichés bien travaillés font partie des fondations du roman policier.

Ensuite parce que le lieu est original, très bien décrit, et très bien utilisé dans l’histoire. On ressent le froid, la neige, les immensités perdues. On retombe en enfance dans cet Oregon montagneux et enneigé, on revoit nos lectures de Jack London, on entend les loups (et oui, il y a aussi des renards et des belettes …). Le lieu est important, mais aussi son histoire dans laquelle l’enquêtrice va fouiller pour trouver une éventuelle piste.

Les personnages sont beaux. En premier lieu avec cette Naomi qui se consacre entièrement à la recherche d’enfants perdus, dont on sent la fêlure, le secret douloureux qu’elle se cache à elle-même. Un secret que l’on voit apparaître, peu à peu, comme la photo dans le révélateur. Mais ce n’est pas la seule, l’auteur prend le temps de brosser les portraits d’une galerie de personnage secondaires qui ne sont jamais simplifiés, et peuvent nous surprendre au cours de la lecture.

La référence aux contes de fées qui permet à la gamine de survivre (je ne spoile pas, on le sait très vite), apporte une dimension qui se marie très bien avec le décor. Et pour finir, à aucun moment l’auteur ne simplifie l’histoire. Pas de Mal absolu, venu de nulle part ici, mais beaucoup de souffrances, et malgré tout un peu d’espoir.

Une belle découverte, et l’envie de retrouver cet auteur et son enquêtrice (la quatrième parle du début d’une série).

Rene Denfeld / Trouver l’enfant (The child finder, 2017), Rivages/Noir (2019), traduit de l’anglais (USA) par Pierre Bondil.

9 réflexions au sujet de « Promenons-nous dans les bois … »

  1. flyingelectra

    Je l’ai vu sur un autre blog (qui en disait un peu plus sur l’histoire) tu as vraiment aimé mais malgré tout je reste étrangement peu intéressée …

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Dommage. Ce n’est pas un roman absolument incontournable, mais c’est du très bon travail, avec une écriture, un univers et une histoire qui à partir d’un point de départ très classique arrive à sortir des sentiers battus.

      Répondre

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